L'Atelier d'été 2012 des CCNSP, une occasion de faire progresser l'équité en santé et de bâtir sur l'expérience


Partout au Canada, les acteurs de la santé publique recherchent des façons novatrices d'aborder l'équité en santé. Dans son discours d'ouverture de l'Atelier d'été 2012, le Dr Margaret Fast, anciennement directrice scientifique du CCNMI et administratrice en chef intérimaire de la santé publique au Manitoba (maintenant à la retraite), a invité les participants à « traiter et discuter d'initiatives favorisant des chances égales en matière de santé pour tous les Canadiens [parce que] des initiatives issues d'efforts combinés sont essentielles pour réduire les écarts dans le domaine de la santé et déterminer les outils utiles pour soutenir les efforts axés sur les déterminants de la santé ».

Les six Centres de collaboration nationale en santé publique (CCNSP) ont accueilli 101 participants à l'Atelier d'été 2012, qui s'est tenu à Kelowna, en Colombie-Britannique, les 15 et 16 mai 2012. Cette année, l'hôte de l'Atelier était le CCN de la santé autochtone. Sous le thème Bâtir sur l'expérience pour plus d'équité en santé, l'Atelier d'été a permis aux participants de se pencher sur le rôle de l'expérience pratique en ce qui a trait aux données probantes et à la prise de décisions dans le domaine de la santé publique, et de déterminer les stratégies et activités favorisant l'équité en santé.

L'Atelier d'été constitue une occasion unique d'échanger des connaissances. Grâce à des discussions approfondies avec leurs publics, les Centres peuvent déterminer les besoins des acteurs de la santé publique afin d'élaborer des produits et outils appropriés qui répondront à ces besoins de manière plus adéquate.

Les diverses présentations comptaient trois plénières donnés par d'éminents conférenciers canadiens, un panel sur les données probantes expérientielles et de nombreux ateliers simultanés organisés par un ou plusieurs des six Centres de collaboration nationale en santé publique. 

Parmi les conférenciers invités, nous retrouvions :

-Le Dr Kwame McKenzie, scientifique principal au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), section Recherche sur les questions d'équité sociale et de santé, à Toronto. Sa présentation, intitulée Équité en matière de santé mentale : de la théorie à la pratique était axée sur les diverses mesures prises au fil des décennies pour améliorer la prestation, par le ministère de la Santé du Royaume-Uni, de services de santé mentale appropriés à divers groupes ethniques. Le Dr McKenzie a également expliqué en quoi les mesures du Royaume-Uni étaient pertinentes et applicables au Canada. Il a mentionné que le Centre de toxicomanie et de santé mentale avait élaboré un plan visant l'équité en santé et établi des liens avec les populations autochtones en milieu urbain pour favoriser une meilleure collaboration. Avant la prise de ces mesures, un manque de communication interculturelle se faisait sentir. Grâce à l'accent mis sur l'équité en santé, il a été plus facile de cerner les disparités mesurables et de parvenir à des résultats.

-Le Dr Diego Garcia, analyste principal en santé publique, Assemblée des Premières Nations, à Ottawa. Sa présentation, intitulée Le défi de l'interculturalité – partager les leçons des pays d'Amérique portait sur les conclusions de la conférence de l'Organisation panaméricaine de la santé de 2011 sur les ressources humaines en santé autochtone. Le Dr Garcia a souligné les meilleures approches utilisées par certains pays d'Amérique afin d'améliorer l'équité en santé pour les populations autochtones. Par exemple, au Guatemala et au Panama, les autorités en matière de santé publique ont incité les centres de naissance à embaucher du personnel pouvant parler les langues indigènes locales et ont favorisé l'accès à des médecines traditionnelles, pour s'attaquer aux taux élevés de mortalité maternelle et infantile chez les populations autochtones. 

-Le Dr Jeff Reading, directeur du Centre de recherche sur la santé autochtone de l'Université de Victoria, Faculté du développement humain et social, dont l'exposé portait sur Les compétences essentielles pour la pratique et les politiques en santé publique – une occasion pour faire avancer l'équité et bâtir sur l'expérience. Le Dr Reading a fait remarquer que les compétences essentielles favorisaient une plus grande collaboration entre les CCN pour faire progresser l'équité en santé. Les changements à long terme, par contre, nécessiteront une meilleure collaboration entre les chercheurs, les décideurs politiques, le gouvernement et les organismes bénévoles.

Les présentations thématiques étaient complétées dans l'après-midi par un Panel sur les données probantes expérientielles auquel participaient les conférencières invités Anita Kothari, Kim Scott et Liz Rykert. Ce panel se penchait sur les données probantes expérientielles dans le domaine de la santé publique, à l'aide d'exposés sur les connaissances issues de la pratique dans le contexte du rôle parental chez les Autochtones en milieu urbain, sur le pouvoir des preuves sociales à l'aide d'exemples tirés du Projet canadien sur la déviance positive, et sur la connaissance implicite dans la planification de programmes de santé publique.

Les six Centres ont animé une série d'ateliers simultanés axés sur leurs propres champs de compétence (santé autochtone, déterminants de la santé, santé environnementale, politiques publiques favorables à la santé, maladies infectieuses, méthodes et outils). Les thèmes abordés dans ces ateliers étaient des plus variés : L'éthique dans la pratique, Évaluer l'acceptabilité politique par une analyse des acteurs impliqués et Le cercle d'apprentissage : une « nouvelle approche » à l'égard de l'application intégrée des connaissances. Les présentations ppts des ateliers sont maintenant disponibles en ligne, pour les consulter, cliquez ici

Les autres activités de réseautage comprenaient une foire de connaissances, une présentation de communications affichées et le lancement d'une revue unique. Le mardi 15 mai, le CCN de la santé autochtone a lancé une édition spéciale de LAKE: A Journal of Arts and Environment, en collaboration avec l'Université de la Colombie-Britannique (campus Okanagan). Cet édifiant nouveau numéro souligne le lien entre l'identité des peuples autochtones, la santé et les lieux. La collaboratrice invitée, le Dr Sarah de Leeuw, associée de recherche au CCN pour la santé autochtone, a affirmé : « Il existe des signes forts indiquant que l'expression créative et l'art favorisent la santé. Il est certain que pour les peuples indigènes, un solide sentiment bien enraciné de résilience et d'identité culturelle est l'une des conditions de la santé. L'expression créative et artistique est un moyen vital d'exprimer cette relation. » Ce numéro spécial de la revue LAKE a été lancé à l'occasion d'une dégustation de vins et de fromages tenue dans la soirée du 15 mai à la galerie d'art de Kelowna.

En guise de conclusion, le Dr Margo Greenwood, leader académique du Centre de collaboration nationale de la santé autochtone, a remercié les participants de leurs courageux commentaires sur la santé publique, et a réitéré l'objectif d'une santé et d'un bien-être optimaux pour tous les Canadiens. Elle a également mentionné que tout au cours de l'Atelier d'été, « les participants ont reconnu la nécessité de s'attaquer aux iniquités en santé, de faire preuve de courage et de militer pour le changement et la transformation ».

Pour consulter les présentations ppts de l'Atelier d'été 2012, cliquez ici.